Nouvelles de Maredret
Pour beaucoup d’entre nous, l’abbaye de Maredret est surtout connue pour le grand mur qui entoure complétement son parc de 15 hectares et dissimule la plus grande partie de ses beaux bâtiments à l’œil des promeneurs. Cette discrétion s’explique par le choix posé lors de sa fondation d’en faire un ordre cloîtré, c’est-à-dire complètement fermé à l’extérieur. Elle semble donc un peu mystérieuse. Et pourtant, elle nous est très proche sur les plan historique, géographique et monastique.
Sur le plan historique : Maredret a été fondée par Mère Cécile de Hemptinne, jeune sœur de Dom Hildebrand de Hemptinne, le premier abbé de Maredsous, sur un terrain donné par nos ancêtres fondateurs de Maredsous. La première communauté comptait 6 sœurs. Parmi elles, Agnès Desclée se distinguait par sa maîtrise de l’art de l’enluminure : elle a fondé l’atelier qui fait toujours la réputation de l’abbaye. Sa tombe est la première du cimetière de la communauté. Après elle, d’autres membres de nos familles, en particulier Casier, sont entrées en religion à Maredret.
Le plan d’ensemble de l’abbaye est très proche de celui de Maredsous, et il est également de style néogothique. Toutefois, sa grande église regorge de détails raffinés, plus rares chez sa voisine. Les visites guidées sont passionnantes. Sa crypte voûtée vient d’être rafraichie afin de recevoir divers événements culturels.
A l’origine, le plan du parc a été dessiné avec grand soin : il contient une petite ferme destinée à permettre l’autarcie alimentaire de la communauté. Depuis plusieurs années, celle-ci est malheureusement laissée à l’abandon faute d’occupant et de budget pour l’entretenir. Toutefois, la communauté actuelle a repris l’exploitation d’un très grand potager qui lui permet de produire les confitures et jus de fruit vendus dans sa boutique, ainsi que les légumes destinés à la cuisine communautaire. Les surplus éventuels sont vendus localement, notamment au magasin « Vachement Ferme » du Chesselet.
A son apogée, c’est-à-dire vers le milieu du siècle dernier, la communauté a compté près d’une centaine de moniales. Depuis lors, leur nombre s’est régulièrement réduit au point de susciter les plus grandes inquiétudes sur sa pérennité. Ces dernières années, la tendance s’est inversée grâce à l’arrivée de jeunes Sœurs venant d’Afrique principalement. Actuellement, la communauté compte 19 Sœurs de plusieurs nationalités : belges, française, rwandaises, congolaises, malgaches, coréenne… Un grand nombre d’entre elles assistaient à la célébration eucharistique solennelle célébrée le 10 octobre à l’occasion du 150e anniversaire de la fondation de Maredsous, en particulier à l’arrière des places occupées par leurs majestés le Roi et la Reine. Beaucoup étaient reconnaissables par leur voile blanc indiquant leur état de novice.
Cette communauté discrète connaît une nouvelle vitalité. Celle-ci se manifeste non seulement par de nouvelles d’admission mais aussi par les multiples activités organisées à l’intention d’un public large, dont le programme est disponible sur son site web : https://www.accueil-abbaye-maredret.info/.
Ces activités permettent à la communauté de porter son témoignage chrétien au-delà de ses murs et de toucher un nombre croissant de visiteurs. Elles visent aussi à fournir les ressources nécessaires à sa vie quotidienne. C’est d’ailleurs à cet effet qu’une gamme de bières haut de gamme « Maredret » a notamment été récemment lancée avec l’aide d’un important partenaire extérieur. Mais beaucoup reste à faire pour assurer la pérennité de la vie communautaire dans ces grands bâtiments. Le soutien de tous est bienvenu ; la bienveillance des proches est particulièrement appréciée. Ici aussi, nous poursuivons l’œuvre des fondateurs.